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La prochaine soirée-rencontre Cultures au coeur : lundi 12 février, 19h

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Bienvenue sur Cultures au coeur

  
CatherineMamie_2016-06-13.jpg...Et si nos héritages culturels étaient un cadeau mutuel ?...
 
 

Cette question a fait naître Cultures au coeur :
un réseau d'animation dédié aux rapprochements interculturels à Québec.
Ce site le soutient et y convie la Francophonie.

*
 

Dans le concret, notre site vous propose...

CoeurLogo.jpgDes informations entourant nos activités d'animation, et leur reportage. Nous les menons en partenariat avec l'Accorderie de Québec.

CoeurLogo.jpgDes illustrations de coutumes, de visions et de réalisations porte-bonheur  tirées de nos héritages culturels  -  qu'ils soient amérindiens, québécois de souche ou québécois d'adoption.

CoeurLogo.jpgDes suggestions aux nouveaux arrivants pour les guider vers des ressources à Québec, utiles à leur intégration.

CoeurLogo.jpgDes témoignages de gens sur leur vécu de l'immigration ou leur expérience de l'accueil.

CoeurLogo.jpgUn blogue, où nous proposons un point de vue citoyen sur des sujets d'actualité québécoise.
 


« Cultures au coeur ? »

En bref, nous souhaitons communiquer les saveurs de nos diversités culturelles, et le bonheur qui pointe son nez quand on les met ensemble. Qu'avez-vous d'unique dont on se priverait à ne pas vous connaître?...Nos besoins et nos rêves sont les mêmes, au fond. Comment pourrions-nous renouveler le vivre-ensemble au pied de notre porte, pour que tous puissent dire «je me sens chez nous, ici»?...

Suivez-nous dans cette section pour un témoignage sur l'origine du projet et une présentation de notre orientation.
...Et bienvenue de venir y contribuer avec nous !


Denis Breton
initiateur du projet, éditeur du site Cultures au coeur
en équipe avec des passionnés d'interculturel : Pierre-Paul, Émilio, Guillaume et d'autres

Les 4 dernières nouvelles

Attentat-mosqueeQc-solidaires_2017-01-30_DB_cw.png

Communauté musulmane, communauté de Québec:
une invitation...

Quatre jours sont à nos portes pour commémorer l'attentat de Québec survenu il y a un an. Nous avons mal à des familles qui souffrent, à des gens qui ont pris peur, aussi bien dans la famille musulmane que dans la grande famille québécoise.

Qu'on soit Québécois de tradition ou arrivé à une date plus récente, l'événement nous a fait nous questionner sur le 'chez nous'  qui est le nôtre aujourd'hui, sur celui dont nos coeurs ont soif. Il a mis ces coeurs à découvert : on se permet de libérer des émotions en public, des questions aussi.

Oser...
Avez-vous, jusqu'ici, contacté directement ne serait-ce qu'une personne d'une autre culture : arabo-musulmane, québécoise de souche, haïtienne, peu importe?... Avez-vous vu son visage s'illuminer tout d'un coup, parce que vous lui avez dit bonjour ou merci  dans sa langue d'origine? Et revenons à l'an passé: avez-vous eu l'occasion de faire silence avec des gens venus manifester leur sympathie à la communauté musulmane, près d'une bougie allumée dans le banc de neige?...

Que diriez-vous cette fois-ci d'en profiter pour faire un pas de plus, à la faveur des retrouvailles qui vont commémorer  -  à nos yeux non pas un attentat  - plutôt une compassion naissante, de nouveaux rapprochements interculturels?  À titre d'exemples, que pourrait-il bien se passer si nous demandions à quelqu'un quel est son meilleur souvenir d'enfance? Quelle coutume familiale il ou elle prolonge avec ses propres enfants aujourd'hui? Ou qu'est-ce qui l'inspire encore dans son héritage religieux de naissance?...

Une bougie allumée...
Le regard d'un enfant qui veut tout découvrir nous séduit, et peut nous inspirer de chercher le cadeau caché dans la différence des autres? La vie fera le reste...

Après ce temps de commémoration, vient un nouveau rendez-vous : celui de nous demander : «Qu'avons-nous appris de cet événement?...» Appris les uns des autres, appris aussi du meurtrier de l'attentat. Appris au sein de la collectivité québécoise, appris au sein de la communauté musulmane.

Nous n'aurons pas fini de questionner nos façons de vivre ensemble et de trouver des accommodements citoyens, pour que chacun se sente bienvenu, en sécurité, un peu plus compris dans ses aspirations ou ses réticences  - aussi celles qui dérangent.
Si progressivement les décideurs politiques et les organismes peuvent prendre appui sur des communautés locales où on se parle sur la rue, dans les centres commerciaux, à l'école ...jusque dans nos maisons, il y a plus de chance «que ça fasse des enfants forts», comme on dit au Québec.

Ça sent une planète à réinventer, trouvez-vous aussi? Nous n'y arriverons qu'en vérité ...et ensemble. Elle aura la saveur de ce qui se passe dans notre voisinage, au pied de notre porte. Il lui faudra bien des bougies, qui s'allument un peu plus, qui s'enflamment un peu moins...


Denis Breton

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Attentat-mosqueeQc-solidaires_2017-01-30_DB_cw.png

Communauté musulmane, communauté de Québec:
une invitation...

Quatre jours sont à nos portes pour commémorer l'attentat de Québec survenu il y a un an. Nous avons mal à des familles qui souffrent, à des gens qui ont pris peur, aussi bien dans la famille musulmane que dans la grande famille québécoise.

Qu'on soit Québécois de tradition ou arrivé à une date plus récente, l'événement nous a fait nous questionner sur le 'chez nous'  qui est le nôtre aujourd'hui, sur celui dont nos coeurs ont soif. Il a mis ces coeurs à découvert : on se permet de libérer des émotions en public, des questions aussi.

Oser...
Avez-vous, jusqu'ici, contacté directement ne serait-ce qu'une personne d'une autre culture : arabo-musulmane, québécoise de souche, haïtienne, peu importe?... Avez-vous vu son visage s'illuminer tout d'un coup, parce que vous lui avez dit bonjour ou merci  dans sa langue d'origine? Et revenons à l'an passé: avez-vous eu l'occasion de faire silence avec des gens venus manifester leur sympathie à la communauté musulmane, près d'une bougie allumée dans le banc de neige?...

Que diriez-vous cette fois-ci d'en profiter pour faire un pas de plus, à la faveur des retrouvailles qui vont commémorer  -  à nos yeux non pas un attentat  - plutôt une compassion naissante, de nouveaux rapprochements interculturels?  À titre d'exemples, que pourrait-il bien se passer si nous demandions à quelqu'un quel est son meilleur souvenir d'enfance? Quelle coutume familiale il ou elle prolonge avec ses propres enfants aujourd'hui? Ou qu'est-ce qui l'inspire encore dans son héritage religieux de naissance?...

Une bougie allumée...
Le regard d'un enfant qui veut tout découvrir nous séduit, et peut nous inspirer de chercher le cadeau caché dans la différence des autres? La vie fera le reste...

Après ce temps de commémoration, vient un nouveau rendez-vous : celui de nous demander : «Qu'avons-nous appris de cet événement?...» Appris les uns des autres, appris aussi du meurtrier de l'attentat. Appris au sein de la collectivité québécoise, appris au sein de la communauté musulmane.

Nous n'aurons pas fini de questionner nos façons de vivre ensemble et de trouver des accommodements citoyens, pour que chacun se sente bienvenu, en sécurité, un peu plus compris dans ses aspirations ou ses réticences  - aussi celles qui dérangent.
Si progressivement les décideurs politiques et les organismes peuvent prendre appui sur des communautés locales où on se parle sur la rue, dans les centres commerciaux, à l'école ...jusque dans nos maisons, il y a plus de chance «que ça fasse des enfants forts», comme on dit au Québec.

Ça sent une planète à réinventer, trouvez-vous aussi? Nous n'y arriverons qu'en vérité ...et ensemble. Elle aura la saveur de ce qui se passe dans notre voisinage, au pied de notre porte. Il lui faudra bien des bougies, qui s'allument un peu plus, qui s'enflamment un peu moins...


Denis Breton

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Appuyer la Charte du monde libre - par Editeur le 2018/01/16 - 13:05

CharteDuMondeLibre.jpg

Une lectrice du site Cultures au coeur, Brigitte Bourget,
nous invite à appuyer ce projet citoyen d'envergure internationale: la Charte du monde libre.

Pour consulter son message, repérez la Note #47 des Commentaires reçus par le site Cultures au coeur.

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CharteDuMondeLibre.jpg

Une lectrice du site Cultures au coeur, Brigitte Bourget,
nous invite à appuyer ce projet citoyen d'envergure internationale: la Charte du monde libre.

Pour consulter son message, repérez la Note #47 des Commentaires reçus par le site Cultures au coeur.

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Journée nationale du vivre-ensemble au Québec 2018 - par Editeur le 2018/01/15 - 11:13

JourneeNationaleDuVivreEnsembleQuebec.jpg

Que diraient vos voisins si vous veniez les saluer aujourd'hui?...

Au Québec, c'est aujourd'hui la Journée nationale du vivre-ensemble.

Pourquoi donc?...

Choisie en 2016 par une motion présentée à l'Assemblée nationale, c'était à la toute veille de la Conférence Québec-UNESCO «Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble». La date du 15 janvier a été choisie «en mémoire des Québécois qui ont perdu la vie lors d’attentats ou d’actes de terrorisme de Jakarta et Ouagadougou en 2015». 

À la veille de rappeler toutes les solidarités qui ont jailli à l'occasion de l'attentat de la Grande mosquée de Québec il y a un an, la Journée du vivre-ensemble mérite un clignotant à notre calendrier. Pourrait-elle nous inspirer des initiatives inattendus à l'égard de nos voisins issus de Premières Nations, de l'immigration, ou tout simplement parce qu'on ne les connaît pas encore ?...

Pour Cultures au coeur, qui visons à faire découvrir les cadeaux cachés dans la diversité de nos origines culturelles, cette journée prend une couleur heureuse.

Un billet sur notre blogue

Au moment où les médias alimentent un débat autour d'une proposition de créer une journée nationale contre l'islamophobie, vous aimerez sans doute lire le billet proposé sur notre blogue éditorial : « Et si nous commémorions les meilleurs rapprochements entre nos communautés?...»

«Je suis TRÈS reconnaissant au peuple québécois...»

Nous remercions Monsieur Boufeldja Benabdallah, à qui le billet est adressé, de nous avoir promptement donné son commentaire  -  qu'on trouve à la suite du billet. Monsieur Benabdallah a été cofondateur du Centre culturel islamique. Il se fait sur toutes les tribunes qui sont à sa portée l'écho de son bonheur d'habiter au Québec, depuis maintenant 48 ans  -  malgré le harcèlement vécu par moments de la part de gens à qui le vivre-ensemble donne des boutons...

Souhaitons-nous des bouffées de créativité à rendre cette Journée légendaire !...

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JourneeNationaleDuVivreEnsembleQuebec.jpg

Que diraient vos voisins si vous veniez les saluer aujourd'hui?...

Au Québec, c'est aujourd'hui la Journée nationale du vivre-ensemble.

Pourquoi donc?...

Choisie en 2016 par une motion présentée à l'Assemblée nationale, c'était à la toute veille de la Conférence Québec-UNESCO «Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble». La date du 15 janvier a été choisie «en mémoire des Québécois qui ont perdu la vie lors d’attentats ou d’actes de terrorisme de Jakarta et Ouagadougou en 2015». 

À la veille de rappeler toutes les solidarités qui ont jailli à l'occasion de l'attentat de la Grande mosquée de Québec il y a un an, la Journée du vivre-ensemble mérite un clignotant à notre calendrier. Pourrait-elle nous inspirer des initiatives inattendus à l'égard de nos voisins issus de Premières Nations, de l'immigration, ou tout simplement parce qu'on ne les connaît pas encore ?...

Pour Cultures au coeur, qui visons à faire découvrir les cadeaux cachés dans la diversité de nos origines culturelles, cette journée prend une couleur heureuse.

Un billet sur notre blogue

Au moment où les médias alimentent un débat autour d'une proposition de créer une journée nationale contre l'islamophobie, vous aimerez sans doute lire le billet proposé sur notre blogue éditorial : « Et si nous commémorions les meilleurs rapprochements entre nos communautés?...»

«Je suis TRÈS reconnaissant au peuple québécois...»

Nous remercions Monsieur Boufeldja Benabdallah, à qui le billet est adressé, de nous avoir promptement donné son commentaire  -  qu'on trouve à la suite du billet. Monsieur Benabdallah a été cofondateur du Centre culturel islamique. Il se fait sur toutes les tribunes qui sont à sa portée l'écho de son bonheur d'habiter au Québec, depuis maintenant 48 ans  -  malgré le harcèlement vécu par moments de la part de gens à qui le vivre-ensemble donne des boutons...

Souhaitons-nous des bouffées de créativité à rendre cette Journée légendaire !...

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Notre maison du monde - par Editeur le 2017/10/31 - 13:44

music-notes_2.gif

Notre maison du monde

Par : Geneviève Labbé,
auteure-compositeur-interprète québécoise
 

Réalisé avec vingt nouveaux-arrivant réfugiés
de Syrie, Colombie, Côte d’Ivoire et Croatie.
Et Mejeena Baron-Fournier, Essouma Long, Hussein Alsbeihi, Jose S. Ramirez,
Edwin A. Carrillo, Alexandre Evans, Danys Levasseur et Rachel Blouin et plusieurs autres.

LE LIEN

NotreMaisonDuMonde_GenevieveLabbe.jpg

Une création collective..

Pour en savoir plus sur le contexte où est né cette chanson, et sur le parcours des gens qui participé à la créer avec Geneviève Labbé.

music-notes_2.gif

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Notre maison du monde

Par : Geneviève Labbé,
auteure-compositeur-interprète québécoise
 

Réalisé avec vingt nouveaux-arrivant réfugiés
de Syrie, Colombie, Côte d’Ivoire et Croatie.
Et Mejeena Baron-Fournier, Essouma Long, Hussein Alsbeihi, Jose S. Ramirez,
Edwin A. Carrillo, Alexandre Evans, Danys Levasseur et Rachel Blouin et plusieurs autres.

LE LIEN

NotreMaisonDuMonde_GenevieveLabbe.jpg

Une création collective..

Pour en savoir plus sur le contexte où est né cette chanson, et sur le parcours des gens qui participé à la créer avec Geneviève Labbé.

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Commentaires - Mon préféré

Note n°6
par Jacques_Lavigne_Qubec le 2013/02/20 - 19:41

Bonjour initiateurs du groupe d'échange interculturel

J'ai pris connaissance de votre projet d'échange sur votre  site internet. Sans en connaître plus que ce que vous avez initié sur votre site, je trouve votre initiative amballante et porteuse d'avenir. Les valeurs d'accueil , de solidarité et d'entraide des Québécois feront sûrement un succès de votre projet pour amener  les citoyens et citoyennes de la région à accuellir l'autre, d'où qu'il soit, tel qu'il est , sans jugement et avec ouverture d'esprit.

Vous avez là une initiative qui mérite d'être appuyée.

Québec

Les 3 derniers billets

Attentat-mosqueeQc-solidaires_2017-01-30_DB_cw.png

Bonjour Monsieur Benabdallah,

À la veille de commémorer les solidarités qui ont surgi à Québec suite à l'attentat de la Grande mosquée du 29 janvier 2017, j'ai eu envie de vous faire part de ma réflexion.

Si je vous l'adresse  -  en même temps que j'aimerais rejoindre vos partenaires des communautés musulmanes  -  c'est que mon souvenir est encore bien vivant de l'accueil qu'on m'a fait à la mosquée de la Capitale, le 9 décembre dernier, conviant les gens de Québec à souligner l'anniversaire de la naissance du prophète Mohamed. À cette occasion, j'ai longuement échangé avec un groupe de jeunes musulmans, et j'ai été impressionné par leur qualité de présence et d'écoute.

Des solidarités nouvelles émergent
Tout comme vous j'ai été marqué par le choc de l'attentat de janvier dernier à Ste-Foy, et participé au mouvement de sympathie qui a surgi chez les gens de Québec et d'ailleurs à ce moment.

Zakia--Sylvain_DimancheDespoir_2017-07_tw.jpgJ'ai par la suite été touché par l'initiative de certaines personnes de confession musulmane pour prendre soin des enfants des familles en deuil; je pense à titre d'exemple à Madame Zakia Zoukri, qui s'est mise à inviter les gens à ce qu'elle a appelé des «dimanches d'espoir» : des pique-niques joyeux qu'elle a organisés dans quelques parcs de Québec, auxquels elle a même associé des représentants des Premières Nations.

Commémorer ce qui cherche à nous éloigner les uns des autres?...
Je vous avoue que lorsque j'ai appris que le Conseil national des musulmans canadiens avait appelé à la création d'une journée nationale contre l'islamophobie, je suis devenu perplexe : «Allons-nous faire durer d'année en année le rappel de quelque chose que nous ne voulons surtout plus dans nos vies, et qui nous a divisés malgré nous?...», me suis-je demandé.

Les médias ont commenté de long en large les points de vue qui ont fusé, chez nos partis politiques et chez des citoyens engagés. Certains ont trouvé là une proposition qui méritait d'être étudiée. J'ai constaté toutefois qu'un bon nombre  -  bien qu'ils communient de tout coeur avec les familles victimes de l'attentat et les communautés musulmanes encore intimidées  -  doutent cependant que ce soit la meilleure façon d'obtenir le résultat recherché : n'est-il pas une plus sincère reconnaissance de la communauté québécoise à l'égard de nos soeurs et frères musulmans?...

Trois préoccupations majeures
J'ai réfléchi aux points de vue exprimés dans les médias et aussi à ce que m'a appris ma propre expérience, comme parent et comme psycho-sociologue. J'en ai retenu trois recommandations, dans l'hypothèse où on voudrait créer un événement annuel commémoratif.

Prudence à utiliser le mot islam.   Ma première suggestion tient compte de la connaissance souvent floue d'un grand nombre de Québécois à l'égard de ce qui touche au courant religieux musulman. Si on veut gagner leur coeur, il importe qu'on les sensibilise à faire la différence entre islam et islamisme  -  comme l'a soulevé André Lamoureux (Le Devoir, 12 janvier 2018). Tant de gens chez nous confondent encore l'un pour l'autre. De plus, bien des gens chez nous souhaiteraient, lorsque se produisent des événements à caractère intégriste, que les musulmans sortent du silence pour affirmer haut et fort que ces provocations défigurent l'islam, trahissent la pensée du prophète Mahomet, et n'ont rien à voir avec la religion musulmane d'aujourd'hui.

Regarder les conséquences au plan énergétique.   Le dualisme qui nous maintient dans l'attaque-défense, le nous-avons-raison/ils-ont-tort, même si c'est pour des raisons légitimes, nous obtiendra-il l'effet recherché, ou son contraire : la peur de l'autre et le durcissement des positions?...

Il me semble en effet que nous sommes rendus plus loin aujourd'hui. Invités à remplacer l'attirail des victimes pour le coffre à outils des créateurs : de nos vies, de nos communautés... Interrogeons notre expérience de parents. Si nous avons eu un enfant qui avait du mal à l'école, l'invitions-nous à afficher au mur de sa chambre le bulletin qui lui avait fait le plus honte, ou si nous attendions l'heure de mettre en valeur un succès qu'il aura envie de répéter?... Aujourd'hui, voulons-nous avoir raison, ou voulons-nous réellement produire un rapprochement avec le reste de la société québécoise?...

L'expérience m'a appris qu'une communauté a les mêmes dynamismes qu'une personne : si nous voulons qu'elle change, il faut lui fournir des modèles qui parlent au coeur, qui vont la motiver, l'énergiser dans le sens désiré. C'est ce qui fait que beaucoup de voix se sont élevées pour refuser une commission d'enquête qui aurait porté sur la discrimination et le racisme. Et si nous arrosions les fleurs que nous voulons voir pousser?... Il doit bien exister des expériences heureuses de rapprochement entre des communautés musulmanes et la population québécoise, qui mériteraient d'être répétées, promues  -  et peut-être alors dignes d'un rappel annuel...

Interpeller les gens dans ce que nous avons en commun.   Je m'active avec bonheur à susciter des rapprochements interculturels depuis cinq ans à Québec. Avec d'autres, notre fil conducteur est de valoriser le cadeau que chaque culture est pour celles qui l'entourent, et de rechercher ce que nous pourrions créer ensemble pour la suite.

J'ai constaté que, malgré le caractère positif de cette approche, quantité de gens issus de l'immigration se disent gênés qu'on leur demande «Vous venez d'où?...» Eux qui souvent ont souffert de l'exclusion, souhaitent que les gens d'ici voient au plus vite ce qu'ils ont de commun avec eux plutôt que ce qui les différencie. Et vous aurez remarqué que ce trait est encore plus affirmé chez les enfants et les adolescents. Je suis parent adoptif d'un enfant d'Amérique du sud : il avait 10 ans; à peine arrivé parmi nous il a cessé de vouloir parler espagnol. J'ai mis du temps à comprendre qu'il avait besoin d'effacer les traces d'où il venait, comme si inconsciemment il avait peur qu'on l'y ramène. Qu'avons-nous en commun?...

Une suggestion
Dans cet esprit, je vous fais une suggestion : le Gouvernement du Québec a institué en 2016 une Journée nationale du vivre-ensemble, et l'a justement placée le 15 janvier (1). Si vous consultez l'Internet, vous pouvez d'ailleurs constater que c'est une proposition que plusieurs communautés de par le monde ont formulée, jusqu'à l'ONU pour en faire une journée mondiale.

Que diriez-vous si les communautés musulmanes du Québec, ou même d'ailleurs au Canada, se faisaient les artisans d'une pareille journée? J'anticipe sans hésiter que les Québécois de toute origine vous en seraient reconnaissants  -  et ça ne vous empêcherait pas de faire connaître l'événement douloureux qui vous a inspirés à faire quelque chose.

En terminant, j'aimerais rappeler combien ça m'avait touché lorsque votre confrère l'imam Guillet avait considéré qu'Alexandre Bissonnette, accusé de l'attentat de Ste-Foy, était au nombre des victimes. Qui se soucie de lui aujourd'hui? Une commémoration gagnerait-elle à promouvoir aussi la réadaptation des gens qui ont vécu des parcours comme le sien?...

Je vous laisse là-dessus. Puis-je vous demander de me garder sur votre liste d'invitations? Je reviendrai volontiers à un événement convivial comme celui de décembre dernier.


Cordialement,

Denis Breton,
www.culturesaucoeur.org


(1) Voir: http://www.mrif.gouv.qc.ca/fr/salle-de-presse/communiques/2016/2016_10_20_02

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Attentat-mosqueeQc-solidaires_2017-01-30_DB_cw.png

Bonjour Monsieur Benabdallah,

À la veille de commémorer les solidarités qui ont surgi à Québec suite à l'attentat de la Grande mosquée du 29 janvier 2017, j'ai eu envie de vous faire part de ma réflexion.

Si je vous l'adresse  -  en même temps que j'aimerais rejoindre vos partenaires des communautés musulmanes  -  c'est que mon souvenir est encore bien vivant de l'accueil qu'on m'a fait à la mosquée de la Capitale, le 9 décembre dernier, conviant les gens de Québec à souligner l'anniversaire de la naissance du prophète Mohamed. À cette occasion, j'ai longuement échangé avec un groupe de jeunes musulmans, et j'ai été impressionné par leur qualité de présence et d'écoute.

Des solidarités nouvelles émergent
Tout comme vous j'ai été marqué par le choc de l'attentat de janvier dernier à Ste-Foy, et participé au mouvement de sympathie qui a surgi chez les gens de Québec et d'ailleurs à ce moment.

Zakia--Sylvain_DimancheDespoir_2017-07_tw.jpgJ'ai par la suite été touché par l'initiative de certaines personnes de confession musulmane pour prendre soin des enfants des familles en deuil; je pense à titre d'exemple à Madame Zakia Zoukri, qui s'est mise à inviter les gens à ce qu'elle a appelé des «dimanches d'espoir» : des pique-niques joyeux qu'elle a organisés dans quelques parcs de Québec, auxquels elle a même associé des représentants des Premières Nations.

Commémorer ce qui cherche à nous éloigner les uns des autres?...
Je vous avoue que lorsque j'ai appris que le Conseil national des musulmans canadiens avait appelé à la création d'une journée nationale contre l'islamophobie, je suis devenu perplexe : «Allons-nous faire durer d'année en année le rappel de quelque chose que nous ne voulons surtout plus dans nos vies, et qui nous a divisés malgré nous?...», me suis-je demandé.

Les médias ont commenté de long en large les points de vue qui ont fusé, chez nos partis politiques et chez des citoyens engagés. Certains ont trouvé là une proposition qui méritait d'être étudiée. J'ai constaté toutefois qu'un bon nombre  -  bien qu'ils communient de tout coeur avec les familles victimes de l'attentat et les communautés musulmanes encore intimidées  -  doutent cependant que ce soit la meilleure façon d'obtenir le résultat recherché : n'est-il pas une plus sincère reconnaissance de la communauté québécoise à l'égard de nos soeurs et frères musulmans?...

Trois préoccupations majeures
J'ai réfléchi aux points de vue exprimés dans les médias et aussi à ce que m'a appris ma propre expérience, comme parent et comme psycho-sociologue. J'en ai retenu trois recommandations, dans l'hypothèse où on voudrait créer un événement annuel commémoratif.

Prudence à utiliser le mot islam.   Ma première suggestion tient compte de la connaissance souvent floue d'un grand nombre de Québécois à l'égard de ce qui touche au courant religieux musulman. Si on veut gagner leur coeur, il importe qu'on les sensibilise à faire la différence entre islam et islamisme  -  comme l'a soulevé André Lamoureux (Le Devoir, 12 janvier 2018). Tant de gens chez nous confondent encore l'un pour l'autre. De plus, bien des gens chez nous souhaiteraient, lorsque se produisent des événements à caractère intégriste, que les musulmans sortent du silence pour affirmer haut et fort que ces provocations défigurent l'islam, trahissent la pensée du prophète Mahomet, et n'ont rien à voir avec la religion musulmane d'aujourd'hui.

Regarder les conséquences au plan énergétique.   Le dualisme qui nous maintient dans l'attaque-défense, le nous-avons-raison/ils-ont-tort, même si c'est pour des raisons légitimes, nous obtiendra-il l'effet recherché, ou son contraire : la peur de l'autre et le durcissement des positions?...

Il me semble en effet que nous sommes rendus plus loin aujourd'hui. Invités à remplacer l'attirail des victimes pour le coffre à outils des créateurs : de nos vies, de nos communautés... Interrogeons notre expérience de parents. Si nous avons eu un enfant qui avait du mal à l'école, l'invitions-nous à afficher au mur de sa chambre le bulletin qui lui avait fait le plus honte, ou si nous attendions l'heure de mettre en valeur un succès qu'il aura envie de répéter?... Aujourd'hui, voulons-nous avoir raison, ou voulons-nous réellement produire un rapprochement avec le reste de la société québécoise?...

L'expérience m'a appris qu'une communauté a les mêmes dynamismes qu'une personne : si nous voulons qu'elle change, il faut lui fournir des modèles qui parlent au coeur, qui vont la motiver, l'énergiser dans le sens désiré. C'est ce qui fait que beaucoup de voix se sont élevées pour refuser une commission d'enquête qui aurait porté sur la discrimination et le racisme. Et si nous arrosions les fleurs que nous voulons voir pousser?... Il doit bien exister des expériences heureuses de rapprochement entre des communautés musulmanes et la population québécoise, qui mériteraient d'être répétées, promues  -  et peut-être alors dignes d'un rappel annuel...

Interpeller les gens dans ce que nous avons en commun.   Je m'active avec bonheur à susciter des rapprochements interculturels depuis cinq ans à Québec. Avec d'autres, notre fil conducteur est de valoriser le cadeau que chaque culture est pour celles qui l'entourent, et de rechercher ce que nous pourrions créer ensemble pour la suite.

J'ai constaté que, malgré le caractère positif de cette approche, quantité de gens issus de l'immigration se disent gênés qu'on leur demande «Vous venez d'où?...» Eux qui souvent ont souffert de l'exclusion, souhaitent que les gens d'ici voient au plus vite ce qu'ils ont de commun avec eux plutôt que ce qui les différencie. Et vous aurez remarqué que ce trait est encore plus affirmé chez les enfants et les adolescents. Je suis parent adoptif d'un enfant d'Amérique du sud : il avait 10 ans; à peine arrivé parmi nous il a cessé de vouloir parler espagnol. J'ai mis du temps à comprendre qu'il avait besoin d'effacer les traces d'où il venait, comme si inconsciemment il avait peur qu'on l'y ramène. Qu'avons-nous en commun?...

Une suggestion
Dans cet esprit, je vous fais une suggestion : le Gouvernement du Québec a institué en 2016 une Journée nationale du vivre-ensemble, et l'a justement placée le 15 janvier (1). Si vous consultez l'Internet, vous pouvez d'ailleurs constater que c'est une proposition que plusieurs communautés de par le monde ont formulée, jusqu'à l'ONU pour en faire une journée mondiale.

Que diriez-vous si les communautés musulmanes du Québec, ou même d'ailleurs au Canada, se faisaient les artisans d'une pareille journée? J'anticipe sans hésiter que les Québécois de toute origine vous en seraient reconnaissants  -  et ça ne vous empêcherait pas de faire connaître l'événement douloureux qui vous a inspirés à faire quelque chose.

En terminant, j'aimerais rappeler combien ça m'avait touché lorsque votre confrère l'imam Guillet avait considéré qu'Alexandre Bissonnette, accusé de l'attentat de Ste-Foy, était au nombre des victimes. Qui se soucie de lui aujourd'hui? Une commémoration gagnerait-elle à promouvoir aussi la réadaptation des gens qui ont vécu des parcours comme le sien?...

Je vous laisse là-dessus. Puis-je vous demander de me garder sur votre liste d'invitations? Je reviendrai volontiers à un événement convivial comme celui de décembre dernier.


Cordialement,

Denis Breton,
www.culturesaucoeur.org


(1) Voir: http://www.mrif.gouv.qc.ca/fr/salle-de-presse/communiques/2016/2016_10_20_02

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Publié le 2018/01/13 - 21:42  - 5 commentaires - 5 commentaires - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut

MaireAmos_UlrickCherubin_Radio-Canada_tw.jpg

Par-dessus tout, allons voter !

Une capsule à lire avec une personne issue d'une autre culture que la vôtre...


Aperçu :
Que vous soyez Québécois d'origine ou d'adoption, allez voter ...et amenez des gens issus de l'immigration avec vous. La prochaine élection n'aura pas lieu avant 4 ans, mais pendant ces 4 ans, vous devrez vivre avec les décisions que prendra l'équipe élue. Votre geste est plus important que vous le croyez ...même si vous ne connaissez pas les candidats. Pourquoi donc?...

Vous ne vous exprimez pas encore facilement en français? On va vous aider sur place. Vous ne connaissez pas les candidats? Demandez à vos voisins à qui ils font confiance. Vos enfants prennent tout votre temps? Amenez-les avec vous : ils seront intéressés à savoir ce qui se passe là...


Pourquoi aller voter?

Oui, vos gestes durant cette journée comptent, et pas seulement le dépôt de votre billet dans l'urne de votation. Cette journée-là les gens se parlent davantage. Les voisins s'arrêtent pour causer. Certains demandent où est le bureau de votes, entre quelle heure et quelle heure on peut s'y rendre ...et la question finit par être posée : «Pour qui allez-vous voter?...» De plus, progressivement plus de candidats issus de l'immigration osent se présenter, ce qui vient enrichir les équipes administratives municipales.


« Pour qui allez-vous voter ?...»

Alors rapprochez-vous, écoutez les réponses qui sortent... Faites répéter les gens si vous avez peu compris...Ah! il y aura bien certaines personnes qui vous répondront «désolé, je garde ça pour moi...» Les Québécois sont souvent discrets sur leurs allégeances politiques. Vous leur ferez votre plus beau sourire ! Ça va illuminer un temps peut-être pluvieux...

«Pour qui allez-vous voter?...» À votre tour posez-la questions aux gens autour de vous : vous arriverez à mieux nommer vous-même vos besoins, vos problèmes vécus au jour le jour dans votre quartier ou votre village. Vous apprendrez des choses sur comment s'administre votre municipalité. Et ce sera quelquefois votre premier contact avec certains voisins :  parions que vous prendrez plaisir à les croiser à nouveau dans la suite...

Donc c'est important que vous alliez voter : avoir contribué à faire élire un bon candidat, c'est réconfortant après coup. Augmenter vos contacts interculturels et votre sentiment d'avoir votre place dans la société québécoise, ça l'est tout autant -  que vous soyez Québécois de longue date ou de date récente.


...Et si un candidat issu de l'immigration était élu?...

Connaissez-vous Ulrick Chérubin, sur notre photo. Il a été maire d'Amos pendant 12 ans. D'origine haïtienne, être réélu durant 4 mandats, pensez don' ! Son décès, en 2014, « a créé une véritable onde de choc à Amos, dans toute l'Abitibi-Témiscamingue et jusqu'à la Chambre des communes », publiait Radio-Canada.
Maintenant qu'ils ont côtoyé de près un tel bonhomme, je serais curieux de questionner les gens d'Amos sur ce qu'ils pensent aujourd'hui du peuple haïtien !... Et curieux de la définition qu'ils peuvent se faire d'un «vrai Québécois»...

Si déjà vous connaissez vos candidats, ça peut donner encore plus de couleur à votre déplacement. Plus il y aura de conseillers municipaux issus de l'immigration, plus les besoins propres à cette clientèle seront pris en compte, et plus notre société québécoise s'ouvrira au cadeau de la diversité culturelle chez nous.


Un exemple : le quartier de Vanier, à Québec

Ces jours dernier, les trois candidats qui se présentent dans Vanier sont venus rencontrer les résidents. C'était au Local communautaire Claude-Martin, un pivot de plus en plus incontournable dans l'animation du quartier. Les candidats ont pu entendre des gens du quartier énumérer les besoins et problèmes qu'ils rencontrent. Comme le quartier est largement ouvrier et accueille nombre de familles venant de l'immigration, ils ont compris un peu plus les défis d'une population à revenu modeste.

Plusieurs efforts sont déjà entrepris pour vitaliser la vie du quartier  -  notamment à travers la Table de quartier et le Local communautaire Claude-Matin. Mais il reste beaucoup à faire pour améliorer la qualité de vie du milieu au quotidien. Par exemple...

Par exemple, les gens sont unanimes à dire que les transports sont insuffisants, pas assez fréquents, et que ça les pénalise pour aller chercher les services, ça les freine à trouver du travail  -  à plus forte raison s'ils ont un emploi de nuit dans les parcs industriels environnants : trouvez un autobus à cette heure-là !... Les citoyens rencontrés attirent l'attention sur le manque de commerces de proximité; le besoin de plus de ressources en francisation,  de logements à prix modique, d'accès dans l'autre secteur du quartier séparé par une voie ferrée. Ils voudraient aussi plus de trottoirs et de sécurité pour leurs enfants sur la rue. On invoque enfin le mauvais état de certains logements négligés par leur propriétaire; aussi le manque de connaissance des nouveaux résidents sur la façon d'habiter un logement québécois.

Pourquoi les candidats rencontrés, jeunes et dynamiques, trouvent-ils intérêt à se présenter au niveau municipal ? Tous trois répondent que ça leur permet un rapport plus direct avec la population, et des défis liés au quotidien des gens. On observe de leur part une plus grande attention qu'avant à consulter le milieu, notamment via les organismes communautaires.

Vous n'avez plus le temps de rencontrer les candidats, c'est sûr.
...Mais vous avez tout votre temps pour aller voter !

Lire la suite Lire la suite

MaireAmos_UlrickCherubin_Radio-Canada_tw.jpg

Par-dessus tout, allons voter !

Une capsule à lire avec une personne issue d'une autre culture que la vôtre...


Aperçu :
Que vous soyez Québécois d'origine ou d'adoption, allez voter ...et amenez des gens issus de l'immigration avec vous. La prochaine élection n'aura pas lieu avant 4 ans, mais pendant ces 4 ans, vous devrez vivre avec les décisions que prendra l'équipe élue. Votre geste est plus important que vous le croyez ...même si vous ne connaissez pas les candidats. Pourquoi donc?...

Vous ne vous exprimez pas encore facilement en français? On va vous aider sur place. Vous ne connaissez pas les candidats? Demandez à vos voisins à qui ils font confiance. Vos enfants prennent tout votre temps? Amenez-les avec vous : ils seront intéressés à savoir ce qui se passe là...


Pourquoi aller voter?

Oui, vos gestes durant cette journée comptent, et pas seulement le dépôt de votre billet dans l'urne de votation. Cette journée-là les gens se parlent davantage. Les voisins s'arrêtent pour causer. Certains demandent où est le bureau de votes, entre quelle heure et quelle heure on peut s'y rendre ...et la question finit par être posée : «Pour qui allez-vous voter?...» De plus, progressivement plus de candidats issus de l'immigration osent se présenter, ce qui vient enrichir les équipes administratives municipales.


« Pour qui allez-vous voter ?...»

Alors rapprochez-vous, écoutez les réponses qui sortent... Faites répéter les gens si vous avez peu compris...Ah! il y aura bien certaines personnes qui vous répondront «désolé, je garde ça pour moi...» Les Québécois sont souvent discrets sur leurs allégeances politiques. Vous leur ferez votre plus beau sourire ! Ça va illuminer un temps peut-être pluvieux...

«Pour qui allez-vous voter?...» À votre tour posez-la questions aux gens autour de vous : vous arriverez à mieux nommer vous-même vos besoins, vos problèmes vécus au jour le jour dans votre quartier ou votre village. Vous apprendrez des choses sur comment s'administre votre municipalité. Et ce sera quelquefois votre premier contact avec certains voisins :  parions que vous prendrez plaisir à les croiser à nouveau dans la suite...

Donc c'est important que vous alliez voter : avoir contribué à faire élire un bon candidat, c'est réconfortant après coup. Augmenter vos contacts interculturels et votre sentiment d'avoir votre place dans la société québécoise, ça l'est tout autant -  que vous soyez Québécois de longue date ou de date récente.


...Et si un candidat issu de l'immigration était élu?...

Connaissez-vous Ulrick Chérubin, sur notre photo. Il a été maire d'Amos pendant 12 ans. D'origine haïtienne, être réélu durant 4 mandats, pensez don' ! Son décès, en 2014, « a créé une véritable onde de choc à Amos, dans toute l'Abitibi-Témiscamingue et jusqu'à la Chambre des communes », publiait Radio-Canada.
Maintenant qu'ils ont côtoyé de près un tel bonhomme, je serais curieux de questionner les gens d'Amos sur ce qu'ils pensent aujourd'hui du peuple haïtien !... Et curieux de la définition qu'ils peuvent se faire d'un «vrai Québécois»...

Si déjà vous connaissez vos candidats, ça peut donner encore plus de couleur à votre déplacement. Plus il y aura de conseillers municipaux issus de l'immigration, plus les besoins propres à cette clientèle seront pris en compte, et plus notre société québécoise s'ouvrira au cadeau de la diversité culturelle chez nous.


Un exemple : le quartier de Vanier, à Québec

Ces jours dernier, les trois candidats qui se présentent dans Vanier sont venus rencontrer les résidents. C'était au Local communautaire Claude-Martin, un pivot de plus en plus incontournable dans l'animation du quartier. Les candidats ont pu entendre des gens du quartier énumérer les besoins et problèmes qu'ils rencontrent. Comme le quartier est largement ouvrier et accueille nombre de familles venant de l'immigration, ils ont compris un peu plus les défis d'une population à revenu modeste.

Plusieurs efforts sont déjà entrepris pour vitaliser la vie du quartier  -  notamment à travers la Table de quartier et le Local communautaire Claude-Matin. Mais il reste beaucoup à faire pour améliorer la qualité de vie du milieu au quotidien. Par exemple...

Par exemple, les gens sont unanimes à dire que les transports sont insuffisants, pas assez fréquents, et que ça les pénalise pour aller chercher les services, ça les freine à trouver du travail  -  à plus forte raison s'ils ont un emploi de nuit dans les parcs industriels environnants : trouvez un autobus à cette heure-là !... Les citoyens rencontrés attirent l'attention sur le manque de commerces de proximité; le besoin de plus de ressources en francisation,  de logements à prix modique, d'accès dans l'autre secteur du quartier séparé par une voie ferrée. Ils voudraient aussi plus de trottoirs et de sécurité pour leurs enfants sur la rue. On invoque enfin le mauvais état de certains logements négligés par leur propriétaire; aussi le manque de connaissance des nouveaux résidents sur la façon d'habiter un logement québécois.

Pourquoi les candidats rencontrés, jeunes et dynamiques, trouvent-ils intérêt à se présenter au niveau municipal ? Tous trois répondent que ça leur permet un rapport plus direct avec la population, et des défis liés au quotidien des gens. On observe de leur part une plus grande attention qu'avant à consulter le milieu, notamment via les organismes communautaires.

Vous n'avez plus le temps de rencontrer les candidats, c'est sûr.
...Mais vous avez tout votre temps pour aller voter !

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Publié le 2017/11/04 - 18:36  - 1 commentaire - 1 commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut

Nicole-Obomsawin_w.jpg

« Kwe ! » Un mot qu'on se met à répéter par coeur...

Coup sur coup les gens des Premières nations nous ont accueillis à deux fins de semaine fortes en couleurs et même en émotions. Fin août, c'était d'abord Place des Premiers Peuples au Rendez-vous Limoilou 2017, à l'Anse-à-Cartier. Puis début septembre Kwe ! À la rencontre des peuples autochtones, Place de l'Assemblée nationale, à Québec.

Le premier événement émanait du Cercle Kisis *.
Le second était une initiative d'Affaires autochtones et Nord Canada en collaboration avec le Conseil de la Nation huronne-wendat et l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. Le Cercle Kisis en a coordonné le volet jeunesse, avec sa création d'une oeuvre collective.


Au milieu des danses rythmées du tambour qui s'entendaient de très loin en s'approchant, des contes et légendes, des jeux traditionnels, au milieu des films documentaires, de la construction d'un mini-canot d'écorce devant nos yeux ou des conversations que nous avions librement avec les gens des Premières nations, trois moments m'ont particulièrement touché.
 

Des moments d'émotion

L'un a été, au cours du premier événement, la fresque historique que nous a dessinée Alexandre Bacon sous le shaputuan : il nous a fait vivre de l'intérieur la réalité amérindienne depuis la Nouvelle-France jusqu'à aujourd'hui. J'y reviendrai tout à l'heure...

Un autre moment sensible pour moi, qui adore l'histoire, a été lors du deuxième événement, lorsque j'ai pénétré dans la grande tente qui rassemblait des porte-parole des 11 nations autochtones du Québec : «Ouaouah !...» Entre autres, j'ai littéralement bu ce que nous racontait un aîné Micmac, historien par surcroît, sur l'ancrage de sa nation à Gaspé, avec un rayonnement dans tout l'est du Québec à l'époque où sont venus les Vikings. Puis l'histoire recule de 10 000 ans : il nous parle des migrations de leurs ancêtres à travers le détroit de Béring  -  communes à la plupart des peuples autochtones d'Amérique du nord et du sud. Je n'avais pas assez d'oreilles pour l'écouter quand il nous a donné des exemples d'expressions cousines dans la langue micmac et dans la langue chinoise !... À sa connaissance, 60% de la population québécoise aurait du sang amérindien dans ses veines.


À quelques pas de là, je découvrais ensuite une douzaine d'artistes en train d'achever la fresque dont vous voyez quelques photos plus bas : nouvelle émotion forte pour moi. Une création collective entre des jeunes des nations autochtones (Attikamekw, Wandat, Innus...) et des jeunes Blancs, un marathon de 48 heures.  On sentait une énergie dans l'assistance quand les auteurs de la fresque ont décrit la toile et la «rencontre» que sa création leur a fait vivre. L'oeuvre évoque des aspects chers au coeur des Amérindiens :  cérémonie dans le cercle, rêves sacrés innus reflétés dans le tambour, imaginaire inuit dans les aurores boréales, et même un symbole du drame des femmes plus récemment disparues.  La fresque va être offerte à la communauté de Wendake.

Fresque-Kwe_2017_1_w.jpg   Fresque-Kwe_2017_2_w.jpgFresque-Kwe_2017_3_w.jpg

Deux artisanes du projet en disent un mot vibrant, à la fin : «Ce fut toute une aventure... »  raconte Sarah Cleary. «...Malgré tous les défis que vous avez dans vos vies, j'ai senti à travers cette toile la détermination que vous avez... On doit se reconnecter au territoire et le protéger... »  Guitté Hartog. ajoute : «C'est plus beau parce qu'on s'est mis ensemble de toutes les nations, parce qu'on est différents... L'art ça ne sert à rien, mais ça humanise : on a tellement besoin de s'humaniser... Souvent on ne sait pas où est-ce qu'on s'en va comme pays, comme nations, comme familles, comme personnes. C'est d'accepter le flou... 'Faut apprendre à vivre ensemble, que chacun prenne sa place... parce qu'on croit qu'on participe à quelque chose qui est plus grand que nous autres... »

AlexandreBacon_Anse-A-Carti.jpg
Une autre fresque, historique celle-là

Alexandre Bacon, anthropologue, est Innu par son origine paternelle, et métissé. Sa causerie lors du premier événement s'inscrivait dans le contexte des 150 ans de l'histoire canadienne. Il nous a rappelé que 60 langues amérindiennes sont parlées à travers le Canada, et qu'on trouve 11 nations autochtones au Québec, en 55 communautés.

Jusqu'aux années 1800, nos relations entre peuples ont été avant tout des relations d'alliances, économiques particulièrement. Elles ont commencé avec les Vickings et les Basques, donc bien avant la rencontre avec Jacques Cartier.

Il a évoqué notre origine coloniale, déterminante pour le découpage du territoire, et la volonté avouée de faire disparaître les Indiens ou de les assimiler. Ainsi, Amherst a distribué des couvertures imbibées de petite vérole. Une dizaine de milliers d'enfants ont été obligés de vivre en pensionnats, comparable à des camps de concentration. La fermeture du dernier remonte à... 1996 ! Les archives fédérales racontent même les tentatives de leur inculquer la tuberculose...

Bacon évoque la Loi sur les Indiens de 1857, qui se décrit comme ''L'acte pour la civilisation graduelle des Sauvages du Canada''. Les réserves sont une créature de cette loi; elles obligeaient les Amérindiens nomades à se sédentariser. Aujourd'hui encore les Autochtones sont considérés des mineurs, civilement. Bien des communautés doivent encore vivre à l'écart les unes des autres et de nos villes, sans moyens de transport, notamment chez les Inuits. En 1955-56, 30 000 chiens de traîneaux étaient abattus par les autorités fédérales, par volonté de les ''civiliser'' et de les arracher à leur territoire  -  «...une déchirure qu'éprouvent aussi bien des migrants : c'est comme être un réfugié chez soi... »  La Commission Vérité et réconciliation  a reconnu ces drames créés par la colonisation, aussi dans d'autres pays à travers le monde.


« ...Il y a une réconciliation qui est à faire, entre les peuples, avec notre territoire, avec la nature... une célébration de la diversité.» Il ajoute: « Ce que je vous souhaite le plus... c'est d'avoir la chance d'accompagner les Autochtones en forêt... Vous allez trouver l'humanité qu'il y a à travers les Premières nations... une simplicité...quelque chose de plus vrai... C'est urgent qu'on célèbre cette vision du monde là, avant qu'on aille trop loin dans notre destruction générale (de la forêt, du territoire)....»

Le ton est affirmatif, mais serein : « On est obligé de considérer les aspects plus sombres de l'histoire... ...mais il y a de la lumière, il y a de l'espoir... ...Votre simple présence ici, votre désir d'en apprendre davantage, c'est énorme... » Bacon montre une direction pour cet espoir : «...dans l'éducation, dans la fierté... c'est quand une communauté s'implique activement dans la définition des solutions qui sont à mettre en oeuvre ...et qu'on l'invite à s'y engager... Il faut retrouver un sens à sa vie comme individu et comme société... »  
 

En conclusion

Vous le constatez, j'ai mélangé ici à dessein les événements des deux fins de semaine. C'est que, dans les deux cas, ce sont les Premières nations qui viennent au-devant de nous. Et avec le même état d'esprit : « Kwe !...bonjour ! »

Aujourd'hui, les Autochtones ne sont pas en train de disparaître; ils deviennent même plus nombreux. Où en sommes-nous dans nos rapports avec eux ?...
En sortant de ces journées, je me suis surpris à vouloir dire à ceux que j'ai côtoyés : « On ne tuera pas l'Indien en vous : vous êtes en train de le faire renaître en nous... »

_________
* Alexandre Bacon et Sarah Clément sont à l'origine du Cercle Kisis  -  un nom qui veut dire soleil, dans la langue anishnabe.  Ils s'entourent d'une bande de jeunes heureux derapprocher les Premières nations et les Québécois de toutes origines. https://www.facebook.com/cerclekisis/

Lire la suite Lire la suite

Nicole-Obomsawin_w.jpg

« Kwe ! » Un mot qu'on se met à répéter par coeur...

Coup sur coup les gens des Premières nations nous ont accueillis à deux fins de semaine fortes en couleurs et même en émotions. Fin août, c'était d'abord Place des Premiers Peuples au Rendez-vous Limoilou 2017, à l'Anse-à-Cartier. Puis début septembre Kwe ! À la rencontre des peuples autochtones, Place de l'Assemblée nationale, à Québec.

Le premier événement émanait du Cercle Kisis *.
Le second était une initiative d'Affaires autochtones et Nord Canada en collaboration avec le Conseil de la Nation huronne-wendat et l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. Le Cercle Kisis en a coordonné le volet jeunesse, avec sa création d'une oeuvre collective.


Au milieu des danses rythmées du tambour qui s'entendaient de très loin en s'approchant, des contes et légendes, des jeux traditionnels, au milieu des films documentaires, de la construction d'un mini-canot d'écorce devant nos yeux ou des conversations que nous avions librement avec les gens des Premières nations, trois moments m'ont particulièrement touché.
 

Des moments d'émotion

L'un a été, au cours du premier événement, la fresque historique que nous a dessinée Alexandre Bacon sous le shaputuan : il nous a fait vivre de l'intérieur la réalité amérindienne depuis la Nouvelle-France jusqu'à aujourd'hui. J'y reviendrai tout à l'heure...

Un autre moment sensible pour moi, qui adore l'histoire, a été lors du deuxième événement, lorsque j'ai pénétré dans la grande tente qui rassemblait des porte-parole des 11 nations autochtones du Québec : «Ouaouah !...» Entre autres, j'ai littéralement bu ce que nous racontait un aîné Micmac, historien par surcroît, sur l'ancrage de sa nation à Gaspé, avec un rayonnement dans tout l'est du Québec à l'époque où sont venus les Vikings. Puis l'histoire recule de 10 000 ans : il nous parle des migrations de leurs ancêtres à travers le détroit de Béring  -  communes à la plupart des peuples autochtones d'Amérique du nord et du sud. Je n'avais pas assez d'oreilles pour l'écouter quand il nous a donné des exemples d'expressions cousines dans la langue micmac et dans la langue chinoise !... À sa connaissance, 60% de la population québécoise aurait du sang amérindien dans ses veines.


À quelques pas de là, je découvrais ensuite une douzaine d'artistes en train d'achever la fresque dont vous voyez quelques photos plus bas : nouvelle émotion forte pour moi. Une création collective entre des jeunes des nations autochtones (Attikamekw, Wandat, Innus...) et des jeunes Blancs, un marathon de 48 heures.  On sentait une énergie dans l'assistance quand les auteurs de la fresque ont décrit la toile et la «rencontre» que sa création leur a fait vivre. L'oeuvre évoque des aspects chers au coeur des Amérindiens :  cérémonie dans le cercle, rêves sacrés innus reflétés dans le tambour, imaginaire inuit dans les aurores boréales, et même un symbole du drame des femmes plus récemment disparues.  La fresque va être offerte à la communauté de Wendake.

Fresque-Kwe_2017_1_w.jpg   Fresque-Kwe_2017_2_w.jpgFresque-Kwe_2017_3_w.jpg

Deux artisanes du projet en disent un mot vibrant, à la fin : «Ce fut toute une aventure... »  raconte Sarah Cleary. «...Malgré tous les défis que vous avez dans vos vies, j'ai senti à travers cette toile la détermination que vous avez... On doit se reconnecter au territoire et le protéger... »  Guitté Hartog. ajoute : «C'est plus beau parce qu'on s'est mis ensemble de toutes les nations, parce qu'on est différents... L'art ça ne sert à rien, mais ça humanise : on a tellement besoin de s'humaniser... Souvent on ne sait pas où est-ce qu'on s'en va comme pays, comme nations, comme familles, comme personnes. C'est d'accepter le flou... 'Faut apprendre à vivre ensemble, que chacun prenne sa place... parce qu'on croit qu'on participe à quelque chose qui est plus grand que nous autres... »

AlexandreBacon_Anse-A-Carti.jpg
Une autre fresque, historique celle-là

Alexandre Bacon, anthropologue, est Innu par son origine paternelle, et métissé. Sa causerie lors du premier événement s'inscrivait dans le contexte des 150 ans de l'histoire canadienne. Il nous a rappelé que 60 langues amérindiennes sont parlées à travers le Canada, et qu'on trouve 11 nations autochtones au Québec, en 55 communautés.

Jusqu'aux années 1800, nos relations entre peuples ont été avant tout des relations d'alliances, économiques particulièrement. Elles ont commencé avec les Vickings et les Basques, donc bien avant la rencontre avec Jacques Cartier.

Il a évoqué notre origine coloniale, déterminante pour le découpage du territoire, et la volonté avouée de faire disparaître les Indiens ou de les assimiler. Ainsi, Amherst a distribué des couvertures imbibées de petite vérole. Une dizaine de milliers d'enfants ont été obligés de vivre en pensionnats, comparable à des camps de concentration. La fermeture du dernier remonte à... 1996 ! Les archives fédérales racontent même les tentatives de leur inculquer la tuberculose...

Bacon évoque la Loi sur les Indiens de 1857, qui se décrit comme ''L'acte pour la civilisation graduelle des Sauvages du Canada''. Les réserves sont une créature de cette loi; elles obligeaient les Amérindiens nomades à se sédentariser. Aujourd'hui encore les Autochtones sont considérés des mineurs, civilement. Bien des communautés doivent encore vivre à l'écart les unes des autres et de nos villes, sans moyens de transport, notamment chez les Inuits. En 1955-56, 30 000 chiens de traîneaux étaient abattus par les autorités fédérales, par volonté de les ''civiliser'' et de les arracher à leur territoire  -  «...une déchirure qu'éprouvent aussi bien des migrants : c'est comme être un réfugié chez soi... »  La Commission Vérité et réconciliation  a reconnu ces drames créés par la colonisation, aussi dans d'autres pays à travers le monde.


« ...Il y a une réconciliation qui est à faire, entre les peuples, avec notre territoire, avec la nature... une célébration de la diversité.» Il ajoute: « Ce que je vous souhaite le plus... c'est d'avoir la chance d'accompagner les Autochtones en forêt... Vous allez trouver l'humanité qu'il y a à travers les Premières nations... une simplicité...quelque chose de plus vrai... C'est urgent qu'on célèbre cette vision du monde là, avant qu'on aille trop loin dans notre destruction générale (de la forêt, du territoire)....»

Le ton est affirmatif, mais serein : « On est obligé de considérer les aspects plus sombres de l'histoire... ...mais il y a de la lumière, il y a de l'espoir... ...Votre simple présence ici, votre désir d'en apprendre davantage, c'est énorme... » Bacon montre une direction pour cet espoir : «...dans l'éducation, dans la fierté... c'est quand une communauté s'implique activement dans la définition des solutions qui sont à mettre en oeuvre ...et qu'on l'invite à s'y engager... Il faut retrouver un sens à sa vie comme individu et comme société... »  
 

En conclusion

Vous le constatez, j'ai mélangé ici à dessein les événements des deux fins de semaine. C'est que, dans les deux cas, ce sont les Premières nations qui viennent au-devant de nous. Et avec le même état d'esprit : « Kwe !...bonjour ! »

Aujourd'hui, les Autochtones ne sont pas en train de disparaître; ils deviennent même plus nombreux. Où en sommes-nous dans nos rapports avec eux ?...
En sortant de ces journées, je me suis surpris à vouloir dire à ceux que j'ai côtoyés : « On ne tuera pas l'Indien en vous : vous êtes en train de le faire renaître en nous... »

_________
* Alexandre Bacon et Sarah Clément sont à l'origine du Cercle Kisis  -  un nom qui veut dire soleil, dans la langue anishnabe.  Ils s'entourent d'une bande de jeunes heureux derapprocher les Premières nations et les Québécois de toutes origines. https://www.facebook.com/cerclekisis/

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Publié le 2017/09/04 - 09:13  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir ? Ajouter le vôtre ?   | Prévisualiser...   Imprimer...   | Haut
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Dernière mise à jour: 13 février 2018